Tailler la route, oui, mais avec quelle monture ? Il n’existe, bien entendu, pas de réponse universelle à cette interrogation. Tout dépendra de votre profil et de votre approche de l’itinérance sur deux roues. Solo ou en famille, sportif ou contemplatif, adepte de la bourlingue au long cours ou amateur de virées express, nombreux sont les critères à prendre en considération pour établir le portrait-robot de votre futur compagnon d’échappée. Pour vous aider à choisir, voici une photo de famille (élargie) des vélos dédiés à la randonnée et à l’aventure. Gravel, vélo de trekking, VTC, VAE conçu pour la randonnée ou, pourquoi pas, vélo cargo ou vélo pliant, découvrez les spécificités de chaque catégorie et ciblez, en connaissance de cause, le modèle qui deviendra l’instrument de votre liberté !
Se lancer avec son vélo de tous les jours
Et si le vélo idéal pour réaliser votre première virée à la force des mollets était celui que vous possédez déjà ? La question peut surprendre, mais elle mérite d’être posée. Surtout si vous découvrez à peine l’univers du voyage à vélo et que vous n’envisagez, pour l’heure, que de courtes échappées pour voir si la magie opère. Dans ces conditions, il y a de fortes chances pour que votre monture du quotidien, celle que vous utilisez pour aller au travail ou pour faire les courses, fasse l’affaire. Peut-être même que ce vieux VTT qui dort dans le fond de votre garage suffira, le temps d’un week-end, à vous faire toucher du doigt les petits bonheurs de la route. A condition, toutefois, de passer au préalable par la case atelier pour une révision complète. Une précaution indispensable pour vous assurer du bon fonctionnement des organes de sécurité de votre vélo, mais aussi pour limiter le risque de multiplier les pépins mécaniques durant votre randonnée.
Voici donc la première erreur à éviter : n’attendez pas d’avoir le matériel parfait pour vous lancer au risque de, sans cesse, remettre votre départ à plus tard. Concentrez-vous sur l’expérience quitte à vous contenter, dans un premier temps, des moyens du bord. Et si l’envie de repartir plus souvent, plus loin ou plus longtemps se fait ressentir, alors il sera temps de vous mettre en quête d’un partenaire d’échappée digne de ce nom qui pourra vous accompagner fidèlement dans la durée. Votre choix dépendra fortement de votre conception du voyage à vélo et de la nature de vos projets d’évasion. En solo ou en famille, sur des voies vertes aménagées ou en montagne sur sentiers, le temps d’un week-end près de chez vous ou autour du monde pendant une année, en bikepacking ou avec des sacoches latérales bien chargées, selon votre approche, vous n’enfourcherez pas le même vélo pour prendre le large. Lequel correspond le mieux à votre profil ? Voici notre guide pour éviter les erreurs de casting.

1. Le VTC
Le bon vieux vélo tout chemin dont le sigle, VTC, a été popularisé dans les années 1990, peut constituer un excellent partenaire d’escapade. Ses déclinaisons modernes, électrifiées pour bon nombre d’entre elles, sont des modèles de polyvalence. A la croisée des chemins entre le vélo urbain et le VTT, cet hybride vous accompagne fidèlement toute la semaine : du lundi au vendredi, en ville, sur vos trajets vélotaf, le week-end, pour une promenade ou une petite randonnée à la campagne. A l’aise sur l’asphalte, le VTC ne rechigne pas non plus, comme son nom l’indique, à risquer ses pneus larges sur des allées forestières ou des pistes carrossables non revêtues. Généralement équipé d’un porte-bagages, il embarque facilement une paire de sacoches avec le pique-nique, votre trousse de toilette et des affaires de rechange pour le soir. De quoi vous ménager des échappées de deux ou trois jours sur des voies vertes ou des véloroutes sur terrain mixte comme la Dolce Via ou la Véloccitanie. Avec un modèle équipé d’une assistance électrique, vous progresserez sans efforts démesurés sur terrain vallonné et pourrez allonger les étapes, si nécessaire, sans risquer l’épuisement. Il faudra, toutefois, veiller à recharger quotidiennement le soir dans votre lieu d’hébergement. En bref, le VTC est idéal pour se lancer et découvrir en douceur les plaisirs de l’itinérance sur de courtes durées.

2. Le vélo de trekking
Il répond également au nom de vélo de touring, de voyage ou de randonnée. Ces montures, sobres et robustes, sont taillées pour l’aventure au long cours et le cyclotourisme traditionnel. Toujours prêts à prendre la route, ces modèles embarquent l’équipement complet du parfait baroudeur : porte-bagages avant et arrière, béquille, éclairage, pneus renforcés… Des composants choisis avec soin pour leur solidité et leur facilité d’entretien. Ici, pas de technologies superflues ou fragiles, le vélo de voyage mise sur des périphériques simples, efficaces et durables pour limiter les risques de pépins mécaniques sur la route. Garant de votre autonomie durant plusieurs semaines voire plusieurs mois, il est capable de porter lourd sans trembler. Tente, popote, réchaud, confiez-lui votre équipement en toute confiance, il est conçu pour rouler harnaché de 4 sacoches latérales bien garnies. Costaud donc, mais souvent un peu lourd. Le vélo de trekking est fait pour ceux qui veulent aller loin et qui savent prendre leur temps. Pour ne pas transformer chaque montée en épreuve de force, ils disposent généralement d’une large plage de développements permettant de mouliner dès que la route s’élève. Car le bien-être en selle figure parmi leurs priorités. Ils proposent ainsi souvent de nombreux éléments de confort pour que pédaler reste un plaisir dans la durée : cadre en acier qui absorbe les chocs, position de conduite relaxante et équilibrée, poignées et selles ergonomiques… Quels modèles se distinguent dans cette catégorie ? L’indémodable VSF Fahrradmanufaktur TX-400 reste une référence, mais on peut également citer son cousin britannique le Genesis Tour de Fer ou, côté français, la Grande Randonneuse Expédition, signée Histoire Bike. Ces vélos vous ouvrent la voie de l’aventure en autonomie pour une semaine ou pour un an, à l’autre bout du monde ou sur les innombrables petites routes de l’Hexagone. Ils sont également des montures de choix pour les parents de jeunes enfants, qui, logistique familiale oblige, ont la nécessité de rouler chargés.

3. Le vélo électrique de randonnée
On l’a vu, le voyage à vélo peut tout à fait s’envisager en version électrique. Grâce à des unités motrices et à des batteries de plus en plus légères et performantes, les VAE ont gagné en rayon d’action et n’hésitent plus à quitter la jungle urbaine au profit des petites routes rurales et des chemins de randonnée. Les constructeurs ont même développé des modèles spécifiquement dédiés au trekking. Car la pratique est en pleine expansion. En effet, l’assistance électrique démocratise l’itinérance sur deux roues. Avec un moteur, on hésite moins à se lancer, on n’appréhende plus autant le relief et le fait de rouler chargé, on ne s’inquiète pas de voir les distances s’allonger. Le VAE de voyage a donc conquis un nouveau public et déverrouillé l’accès à des nouveaux espaces de randonnée plus accidentés. La devise de ces vélos électriques taillés pour l’aventure : robustesse, autonomie et surtout confort. Parmi leurs attributs, on compte généralement des pneus larges et ultra-résistants, un solide porte-bagages, mais aussi une fourche télescopique voire une suspension arrière pour être à l’aise sur tous les terrains. Côté moteur, on mise sur un savant dosage de puissance et de légèreté. Chez Bosch, par exemple, les unités Performance Line CX et Performance Line SX sont particulièrement appréciées des cyclo-randonneurs. Pour la batterie, on voit également les choses en grand avec des modèles dépassant les 600 Wh comme celui embarqué par le Moustache Samedi 27 XRoad 4, le Kalkhoff Entice 5 Season ou le Winora Yakun X10, ce dernier bénéficiant de l’alliance redoutable du moteur Performance Line CX et d’une batterie de 800 Wh. De quoi envisager, même avec de lourdes sacoches, des étapes de 80 à 100 km sur terrain vallonné. Et pour recharger ? Conscients de l’essor de la pratique, les acteurs du tourisme multiplient les points de recharge. Dans les campings, à l’hôtel, sur les aires d’accueil de certaines véloroutes, vous trouverez des bornes pour brancher votre batterie (certaines applications de planification d’itinéraires telles que Komoot ou VeloPlanner permettent de les localiser). Voyager avec un VAE ne relève donc plus de l’utopie. Aux commandes d’un vélo électrique dédié à la randonnée, les véloroutes de France et même les grands itinéraires européens (EuroVelo) deviennent accessibles au plus grand nombre.

4. Le gravel
Il incarne une nouvelle façon de partir à l’aventure. Plus sportive, plus engagée, plus sobre également. Le vélo de gravel, à mi-chemin entre le vélo de route et le VTT, est étroitement lié à la pratique du bikepacking. Popularisés en France à partir de la seconde moitié des années 2010, les deux phénomènes se nourrissent du même esprit et des mêmes aspirations : s’alléger pour rouler partout, plus vite, plus loin et plus longtemps. Avec ses pneus cramponnés et son agilité à toute épreuve, le gravel a élargi le terrain de jeu aux chemins de traverse et aux pistes montagnardes. Le bikepacking, solution de portage minimaliste qui s’affranchit des porte-bagages, s’est chargé d’assurer l’autonomie de ses adeptes de la bourlingue d’un nouveau genre sans entamer leur mobilité. Les deux pratiques étaient faites pour s’entendre !
Si vous ne concevez pas l’aventure sans une immersion profonde dans la nature et que la perspective d’un bivouac réduit à sa plus simple expression ne vous effraie pas alors le gravel est fait pour vous. Léger et véloce, doté de freins à disque efficaces et d’un guidon typé route évasé, il vous permettra de concrétiser tous vos projets d’évasions sauvages : Grande Traversée du Massif Central version gravel, traversée du Jura ou pourquoi pas l’épique rallye Turin-Nice. Mais certains vélos de gravel (la famille est nombreuse et compte des représentants dotés de caractères bien différents : racing, monster cross, touring…) peuvent également être utilisés pour s’adonner à un cyclotourisme plus traditionnel. L’iconique Genesis Croix de Fer, avec son cadre en acier, dispose d’œillets qui permettent de fixer des porte-bagages et donc de prendre la route avec des sacoches latérales. Idéal pour voyager sur les véloroutes avec une monture qui offre du répondant. A noter, il existe également des gravel à assistance électrique pour profiter d’évasion offroad sans se mettre dans le rouge.

5. Le vélo cargo
C’est une option tout à fait réaliste. La plupart des longtails et même certains biporteurs peuvent, le week-end, mettre entre parenthèses leurs missions habituelles (faire les courses, transporter les enfants sur le chemin de l’école…) pour s’engager sur les voies vertes et les petites routes de campagne. En rando, ces utilitaires à pédales comptent les mêmes atouts qu’en ville, à commencer par leur capacité de charge. Pour les familles, ils offrent la possibilité de transporter un voire deux enfants ainsi qu’une tente et une grande partie du matériel de bivouac. C’est également un engin de choix pour les cyclistes qui aiment combiner la rando sur deux roues avec une autre activité de plein air comme l’escalade, par exemple. Avec un cargo, pas de complication pour transporter cordes, crash-pad et autre matériel de grimpe.
Bref, une solution parfaite pour s’évader facilement un week-end ou quelques jours au départ de chez soi. Car là est la contrainte. Les cargos sont officiellement interdits à bord des trains. Compliqué donc de rejoindre un point de départ éloigné.
Certains cargos, à l’image de l’Orox de chez Tern, ont été spécifiquement conçus pour l’aventure. Hybridation étonnante d’un longtail et d’un fatbike, ce vélo hors du commun est en mesure de déplacer plus de 200 kg sur les terrains les plus exigeants. Et côté autonomie, il peut embarquer un système de double batteries lui fournissant un rayon d’action de plus de 300 km ! Un engin à part pour réaliser des expéditions de longue haleine à l’écart des sentiers battus.
Le constructeur français, O2feel, basé dans le nord, a également investi ce créneau en proposant une version Adventure de son incontournable longtail l’Equo Cargo. Un must pour des randonnées familiales tout-chemin.

6. Le vélo pliant
Sur le papier, l’aventure et les grands espaces ne semblent pas être son terrain de prédilection. Et pourtant, le vélo pliant peut être un partenaire de voyage pratique et agréable. Il dispose, en effet, d’un atout remarquable dans sa manche. Sa compacité ! Vous l’avez peut-être déjà expérimenté, embarquer à bord d’un train (a fortiori dans un TGV) avec un vélo de voyage non démonté relève souvent du parcours du combattant. Avec un vélo pliant, fini le stress et les galères au moment d’arriver en gare. Pliez votre monture et montez à bord comme s’il s’agissait d’une simple valise. Certes, sa capacité de charge et son rendement demeurent limités par rapport à un vélo classique. Mais c’est une solution pertinente si vous envisagez régulièrement des sauts de puce en transports en commun et que vous privilégiez des parcours sans reliefs trop prononcés. Autre avantage, vous pourrez emmener votre vélo partout, à l’hôtel, pour faire les courses ou lors de vos visites et ainsi réduire le risque de vol. Voyager avec un vélo pliant n’a rien de farfelu, bien au contraire. L’iconique fabricant londonien Brompton l’a bien compris et a sorti récemment un modèle particulièrement adapté à l’itinérance : le G Line ! Disponible en version musculaire et électrique, ce pliant qui revendique l’âme d’un gravel est taillé pour l’aventure sur tous les terrains.
Vous avez pu déterminer la catégorie de vélo de voyage qui vous convient ? Reste à cibler un modèle adapté à votre profil. Pour ce faire, rien de tel que de pousser la porte d’un magasin Cyclable pour partager vos projets d’itinérance avec nos experts. Ils sauront vous guider vers le vélo qui vous permettra de réaliser vos rêves d’évasion. Et naturellement, vous pourrez procéder à un essai avant de tailler la route pour de bon !