En quête d’un parcours pas trop difficile pour vous échapper en gravel le temps d’un week-end ou d’une journée bien remplie ? Cet itinéraire, concocté par nos soins, vous embarque durant 130 bornes entre Lyon et Chambéry au fil des balcons du Dauphiné et l’Avant-Pays savoyard. Une microaventure, guidée par le Rhône, idéale pour débuter. Ses points forts : un dénivelé modeste (1000 m d+ environ) et un tracé, 50% asphalte, 50% off road, presque intégralement à l’écart de la circulation. Au programme : des pistes cyclables, des voies vertes, quelques petites routes rurales et de nombreux chemins de traverse peu techniques serpentant à travers la campagne. Pour le retour, vous pourrez miser sur le TER. En selle !
Le gravel, un levier touristique et économique
Pas toujours évident de dénicher un itinéraire pour prendre le large en gravel… Et pourtant la pratique a le vent en poupe ! Dans un marché du cycle en tension, les ventes de ce vélo hybride, à la croisée des chemins entre la route et le VTT, ont progressé de 33% entre 2022 et 2023. Plus significatif encore, sur Strava, les activités estampillées “gravel” ont bondi de 71%, en France, sur la même période.
La discipline a indiscutablement trouvé son public. Elle rassemble des cyclistes expérimentés venus très majoritairement de la route, mais également bon nombre de débutants attirés par l’effort en pleine nature et par la possibilité de se détourner du trafic automobile, souvent jugé dangereux. Si la dimension sportive séduit, l’esprit d’aventure et de découverte qui caractérise le gravel participe aussi largement à son succès. La pratique partage en effet des atomes crochus avec le bon vieux cyclotourisme qu’elle revisite à sa façon, notamment via le bikepacking, une approche minimaliste et tout-terrain du voyage à vélo. Un engouement que certains territoires espèrent transformer en levier touristique et économique. Un nombre grandissant de collectivités surfe ainsi sur la vague du gravel et propose des circuits spécifiques mêlant effort sur deux roues et découverte du patrimoine local. C’est le cas notamment dans le Doubs, en Provence ou encore dans le Vercors.

Des applications pour dénicher des parcours adaptés
Autre preuve du succès de la pratique, certains grands itinéraires cyclables réputés se voient déclinés façon gravel. La Grande traversée du Massif central (GTMC) ou la Route des Grandes Alpes®, un périple montagnard de 850 km et 28 000 m d+ entre Thonon-les-Bains et Nice, se sont ainsi, récemment, mises à l’heure du gravel. Mais ces initiatives restent encore relativement rares. Alors pour dénicher un parcours adapté, les pratiquants s’en remettent le plus souvent à des applications de planification d’itinéraires telles que Komoot ou Strava. Ces outils numériques avancés, capables de distinguer les types de voies ou de revêtements, permettent de générer automatiquement un parcours gravel ou de le tracer manuellement. Dotées d’un volet social, ces applis invitent même à piocher parmi les itinéraires tracés par les autres usagers. Un véritable vivier, même si certains parcours réservent parfois des surprises, bonnes… ou mauvaises !
Un tracé paisible et sécurisé à l’écart des voitures
L’offre gravel est toutefois assez inégale et certaines zones, notamment à proximité des grandes métropoles, sont assez mal loties. On a donc pris le parti de vous suggérer un itinéraire testé et approuvé par nos soins (d’autres suivront, on l’espère !)
Direction Lyon pour prendre le départ de cette échappée d’environ 130 km qui relie Chambéry via les balcons du Dauphiné et l’Avant-Pays savoyard. Un parcours idéal pour un premier défi gravel pour au moins deux raisons. Tout d’abord, le tracé se tient éloigné, de bout en bout, ou presque de la circulation. On évolue essentiellement sur des voies cyclables, des pistes agricoles et des chemins de traverse. Les rares sections sur route ouvertes empruntent des axes ruraux où le trafic automobile est faible. Et même pour quitter Lyon, on reste à l’écart des voitures. L’itinéraire s’échappe en douceur de la capitale des Gaules et de sa métropole en suivant le paisible chemin du halage du canal de Jonage, puis la Voie Lyonnaise 10 qui traverse Meyzieu. Le parcours connecte ensuite la voie verte des Balcons du Dauphiné avant de rejoindre l’incontournable véloroute locale, l’emblématique ViaRhôna.

Pas de difficultés techniques, peu de relief… ou presque !
Cette traversée garantit donc une progression tranquille et sécurisée. Rassurant quand on vient à peine de mettre le pied à l’étrier. Autres atouts qu’apprécieront sans doute les nouveaux venus dans l’univers du gravel, l’itinéraire ne compte pas de difficultés techniques dignes de ce nom. Et le relief ? Il reste modeste. A vrai dire, le profil d’élévation est même résolument plat… à une exception ! Un peu avant le 100e kilomètre, la trace s’extirpe brutalement du lit du Rhône et s’élève en lacets sur les flancs du Mont Tournier. Au programme, 3 kilomètres d’ascension à 10% de moyenne sur un chemin cahoteux. Rien d’insurmontable, bien sûr, mais face à la pente, aux racines et aux pierres fuyantes, il vous faudra peut-être mettre pied à terre et pousser durant quelques hectomètres. Une courte parenthèse aventureuse et engagée qui vous permettra de toucher du doigt toutes les composantes de l’esprit gravel !
Passée cette épreuve, plus aucun obstacle notable ne se dresse à l’horizon. Pas besoin, en effet, de gravir le terrible Mont du Chat, épouvantail bien connu des cyclistes savoyards. Une galerie mode doux, parallèle au tunnel éponyme, permet de laisser la montagne derrière soi sans fournir d’efforts redoutables. Ne reste plus, ensuite, qu’à se laisser glisser jusque sur les rives du lac du Bourget puis de rejoindre le cœur de la préfecture de Savoie, votre destination finale.
A la gare de Chambéry-Challe-les-Eaux, des liaisons régulières en TER sont assurées en direction de Lyon. Comptez un peu moins de 1h30 pour rejoindre la capitale des Gaules. Sur cette ligne, la réservation n’est pas obligatoire pour embarquer son vélo à bord.

Un parcours fidèle à l’esprit gravel, réalisable toute l’année
Accessible, abordable, sécurisé, cet itinéraire n’en reste pas moins un itinéraire résolument gravel. Vous évoluerez ainsi hors asphalte sur une moitié du parcours environ. Sous vos roues défileront des chemins de terre filant à travers champ, des pistes de gravier compact, des layons boueux virevoltant entre deux haies ou encore le ballaste de l’ancienne voie de chemin de fer de l’Est de Lyon dont les rails désaffectés n’ont jamais été démontés.
Un terrain loin d’être extrême, mais suffisamment rustique pour exiger l’utilisation d’un vrai vélo de gravel chaussé de pneus d’au moins 35 mm de section, à l’image du très abordable Genesis CDA ou de son iconique grand frère le Croix de Fer. Rien ne vous empêche, bien entendu, de prendre le départ au guidon d’un gravel à assistance électrique comme le Moustache Dimanche 29 pour bénéficier d’une main dans le dos durant toute votre randonnée et notamment dans l’ascension éprouvante du Mont Tournier.
En combien de temps réaliser cette traversée ? Les plus expérimentés, en bonne condition physique, viendront sans difficulté à bout de ces 130 km et 1000 m d+ en moins d’une journée. Si vous relevez là votre premier défi gravel longue distance et que vous n’avez pas l’habitude de pédaler par ailleurs, il est peut-être préférable de diviser le tracé en deux. De nombreuses solutions d’hébergement existent en cours de route : hôtels, chambres d’hôtes, campings (à la belle saison)… Vous pouvez notamment faire étape à mi-parcours, dans la cité médiévale de Morestel, où vous trouverez de quoi vous restaurer et plusieurs options pour passer la nuit. Pour transporter vos affaires de rechange, optez de préférence pour la solution bikepacking. Grâce à ce système de portage minimaliste, pas de besoin de porte-bagages. Vos sacoches s’accrochent directement à la selle, au guidon ou au cadre de votre vélo à l’aide de sangles et de scratches. L’assurance de voyager efficace et léger. Vous apprécierez quand il faudra pousser !
Le parcours est-il praticable en toute saison ? Oui, sauf météo extrême, cet itinéraire qui culmine à 560 mètres peut être effectué toute l’année. Nous l’avons réalisé, pour notre part, fin octobre, dans des paysages magnifiés par les couleurs de l’automne. Féérique, un peu humide, mais raisonnablement boueux ! Pour obtenir plus d’informations sur le tracé et télécharger la trace GPX, cliquez-ici ! Bons préparatifs, restez responsable derrière le guidon et bonne route !